Province de Sisaket, Thaïlande – 10 novembre 2025. Un soldat thaïlandais a été grièvement blessé, notamment par amputation de la cheville droite, après avoir marché sur une mine antipersonnel présumée lors d'une patrouille de routine près de la frontière contestée thaï-cambodgienne. Cet incident, qui a également fait au moins un autre blessé léger, a ravivé les tensions dans la région et entraîné la suspension immédiate de certains éléments clés d'un accord de paix récemment signé entre les deux pays.
L'explosion s'est produite vers 9h30, heure locale, dans la zone de Huai Ta Maria, district de Kantharalak, près du temple de Preah Vihear, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et attribué au Cambodge par la Cour internationale de Justice en 1962. Toutefois, les territoires environnants restent contestés, la Thaïlande ne reconnaissant pas officiellement la Cour internationale de Justice. Les soldats touchés, le sergent-major de première classe Thedsak Samaphong du 16e régiment d'infanterie et le soldat de première classe Wachira Panthana, appartenaient à une patrouille de la Force opérationnelle Suranaree effectuant une reconnaissance d'itinéraire pour sécuriser la frontière. Tous deux ont été transportés par avion à l'hôpital militaire d'Ubon Ratchathani pour y recevoir des soins d'urgence, où les équipes médicales ont stabilisé leur état. La blessure de Thedsak a nécessité une amputation immédiate sous le genou, faisant de lui le septième soldat thaïlandais mutilé de cette manière depuis l'escalade des affrontements frontaliers en juillet.

Les premières constatations laissent penser que la mine terrestre venait d'être posée sur un chemin régulièrement patrouillé, ce qui a suscité des accusations de provocation délibérée de la part des forces cambodgiennes.
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul, s'exprimant au quartier général de la police nationale à Bangkok, a fait part de sa profonde préoccupation et a autorisé la suspension totale de la Déclaration de paix de Kuala Lumpur, signée le 26 octobre 2025 sous médiation américano-malaisienne. Cet accord visait à désamorcer les hostilités après des mois d'affrontements sporadiques, notamment le rapatriement de 18 prisonniers de guerre cambodgiens, initialement prévu pour le 12 novembre et désormais suspendu.
« Nous défendrons chaque parcelle de la souveraineté thaïlandaise, mais cet acte exige des comptes », a déclaré Anutin, ordonnant aux ministères de la Défense et des Affaires étrangères de déposer des protestations officielles auprès du Cambodge, de l'ASEAN et du Comité international de mise en œuvre du Traité d'Ottawa. Il a également annoncé son intention de se rendre à Sisaket le 11 novembre pour rencontrer les soldats blessés et les populations frontalières. Le ministre de la Défense, le général Natthaphon Narkpanit, a partagé ce point de vue, ordonnant à la 2e région militaire d'enquêter sur l'origine de la mine et de renforcer les patrouilles grâce à des technologies de détection améliorées afin de prévenir tout nouvel incident.
Cet événement est le dernier d'une série d'explosions de mines terrestres qui perturbent les opérations frontalières thaïlandaises depuis juillet 2025, date à laquelle des affrontements ont éclaté dans des zones non délimitées près d'anciens temples khmers comme Preah Vihear et Ta Muen Thom. Des sources thaïlandaises font état d'au moins sept incidents de ce type, ayant entraîné plus d'une douzaine de blessés et sept amputations parmi les troupes thaïlandaises – tous attribués à des mines qui auraient été posées par les forces cambodgiennes en violation du cessez-le-feu et du droit international.

Le Cambodge a toujours nié avoir posé de nouvelles mines, affirmant que celles-ci provenaient de vestiges de conflits passés – remontant à l'époque des Khmers rouges et aux incursions vietnamiennes des années 1970. Le ministère de la Défense de Phnom Penh a appelé à des efforts conjoints de déminage, mais les autorités thaïlandaises déplorent un manque de coopération, notamment le refus du Cambodge de participer aux opérations de déminage lors des récentes réunions du Comité régional des frontières. En réponse, la Thaïlande a informé les envoyés internationaux et a soulevé la question à l'ONU.
Ce conflit a déjà déplacé des centaines de milliers de personnes, perturbé le commerce transfrontalier, engendrant des pertes de milliards de bahts, et mis à rude épreuve l'unité de l'ASEAN.
À Kantharalak et dans les districts environnants, les habitants ont exprimé leur chagrin et leur inquiétude. Somchai Boonmee, un villageois, a déclaré aux journalistes : « Nos garçons risquent leur vie pour nous, mais quand cela finira-t-il ? Nous voulons simplement des fermes et des familles en sécurité. » Les autorités ont fermé plusieurs points de passage frontaliers et ont conseillé aux civils de signaler tout objet suspect aux équipes de déminage du Centre national de lutte antimines.
L'Autorité territoriale de la République (RTA) s'est engagée à apporter un soutien complet aux blessés, notamment en leur accordant des promotions, des pensions et une aide aux familles, comme cela a été le cas par le passé. Alors que les enquêtes se poursuivent, les forces armées des deux camps restent en état d'alerte maximale.
La situation sera suivie de près, les autorités thaïlandaises insistant sur la nécessité d'exercer une pression internationale pour faire respecter le déminage et la Convention d'Ottawa.
Photos : Armée royale thaïlandaise
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